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"Don’t pay the barber", 2009

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Sur une large colline de l’Etat d’Andra Pradesh, au sud de l’Inde, se trouve le temple de Tirumala. C’est un lieu de pèlerinage, et pas n’importe quel pèlerinage : des dizaines de milliers de personnes s’y rendent chaque jour pour remercier le dieu hindou Venkateswara. Il s’agit le plus souvent de gens modestes, de la campagne qui, pour leur santé, un bonheur ou un travail, pour un mariage, pour un cancer guéri, pour la naissance d’un fils ou pour une riche moisson font des heures de queue, puis jettent l’argent ou l’or qu’ils ont amené dans les récipients pour les offrandes placés devant le tombeau de Venkateswara. Et qui n’en a pas assez, peut jeter ses cheveux.
Dans le Kalyanakatta-Center, sur le terrain du temple, travaillent 800 barbiers qui, vingtquatre heures sur vingt-quatre, rasent les têtes des pèlerins. Un barbier expérimenté débarrasse femme, homme ou enfant de ses cheveux en quatre minutes, et cela gratuitement. Plusieurs tonnes de cheveux coupés viennent ainsi s’entasser tous les jours à l’étage supérieur de ce plus grand salon de coiffure du monde. “ La montagne de cheveux représente l’amour pur que les pèlerins portent à Venkateswara “, déclare le directeur du Kalyanakatta-Center. “ Nous gagnons ainsi de l’argent pour le temple, beaucoup d’argent. “ D’ici, cet “ or noir “ initie son chemin commercial à travers le monde, utilisé à des fins médicales après une opération, ou encore pour fabriquer des perruques en cheveux naturels pour les chauves, pour la tête des juives orthodoxes. Ou enfin – et c’est là la plus fructueuse des affaires – pour des extensions pour embellir les femmes d’Europe et d’Amérique. Rien que pour la Suisse, on peut estimer à douze mille Indiennes qui chaque année donnent leurs cheveux.
Le commerce du gérant du temple perturbe à peine les pèlerins ; pour eux aussi abandonner leurs cheveux est un commerce : ils donnent leurs cheveux en remerciement, et espèrent en secret de la part de Venkateswara des bénédictions futures. “ Il y a peu de commerces qui satisfassent tous les maillons de la chaîne de production “ dit Kishore Gupta, le plus grand marchand de cheveux indien : “ les pèlerins dévoués au dieu, les commerçants qui en vivent, et ceux qui profitent de leurs nouveaux cheveux “. (Daniel Puntas Bernet)

Cette exposition est une contribution de la Neue Zürcher Zeitung, Zeitbilder.

Meinrad Schade (1968, Kreuzlingen) hat eine Ausbildung als Biologe gemacht, wurde dann Mitglied der Gruppe der autodidaktischen Fotografen (GAF) in Zürich und hat anschliessend am Medienausbildungszentrum (MAZ) in Luzern studiert. Seit 2002 ist er selbständiger Fotograf und publiziert seine Fotografien in verschiedenen Zeitschriften in der Schweiz und Europa. Des weiteren gehen mehrere Bildbände auf sein Konto. Er hat zwei Stipendien erhalten und stellt regelmässig in der Schweiz aus. www.meinradschade.ch
 

 

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